Français / B1

Le Secret de maître Cornille

Short story

Un vieux musicien de Provence, Francet Mamaï, racontait l'histoire du moulin de Cornille. Autrefois, disait-il, les collines du village étaient couvertes de moulins à vent. Les fermiers leur apportaient du blé pour en faire de la farine. Les ânes montaient et descendaient les chemins avec leurs sacs. Le dimanche, on venait boire et danser près des moulins. Ils donnaient du travail et de la joie à tout le pays.

Un jour, des hommes venus de Paris ont installé une usine où des machines à vapeur faisaient le même travail. Les clients ont commencé à y envoyer leur blé. Peu à peu, les moulins à vent ont fermé. Tous, sauf celui de maître Cornille.

Cornille avait passé sa vie dans la farine. Il ne supportait pas la nouvelle usine. Il criait que la farine de cette usine était mauvaise et que le vent était bien meilleur que la vapeur. Personne ne l'écoutait. Finalement, il s'est enfermé dans son moulin. Même sa petite-fille Vivette n'y vivait plus. Elle devait travailler dans les fermes, même si son grand-père l'aimait et venait souvent la voir.

Les habitants trouvaient son comportement étrange. Ils ne lui apportaient plus de blé, mais son moulin continuait à tourner. Le soir, ils voyaient son âne chargé de grands sacs. Quand ils lui demandaient d'où venait tout ce travail, il répondait qu'il avait des clients à l'étranger. Il ne laissait entrer personne. Beaucoup pensaient qu'il cachait une fortune.

Vivette et le fils de Francet Mamaï sont tombés amoureux. Le musicien est monté au moulin pour parler de leur mariage. Cornille a refusé d'ouvrir et l'a renvoyé brutalement. Les amoureux ont alors demandé à aller lui parler ensemble.

Quand ils sont arrivés, Cornille venait de partir. Sa porte était fermée, mais il avait laissé une échelle dehors. Ils sont entrés par la fenêtre. En haut, ils n'ont trouvé ni blé ni farine. En bas, ils ont vu un pauvre lit, quelques vieux vêtements et des sacs ouverts. Des morceaux de murs cassés et de la terre blanche en sortaient.

Ils avaient découvert le secret. Cornille promenait ces sacs pour faire croire que son moulin travaillait encore. En réalité, il n'avait plus de clients et sa machine tournait à vide.

Les jeunes gens sont revenus en pleurant. Après les avoir écoutés, Francet Mamaï a couru chez les voisins. Tous ont décidé d'apporter immédiatement leur blé à Cornille.

Ils l'ont trouvé devant sa porte, en larmes. En rentrant, il avait compris que quelqu'un avait découvert sa pauvreté. Mais les sacs de vrai blé ont changé son désespoir en joie. Il prenait les grains dans sa main, riait et pleurait à la fois.

Les villageois voulaient le ramener chez eux pour le fêter. Cornille a préféré remettre aussitôt son moulin au travail. Après cela, les habitants ne l'ont jamais laissé manquer de blé. Un matin, il est mort. Personne ne l'a remplacé, et les ailes du dernier moulin se sont arrêtées pour toujours.


English summary · includes the ending

A village in Provence once had many windmills, but a new steam-powered factory takes their customers. Only Cornille keeps his mill turning. He claims to have foreign orders and carries heavy bags through the village. People believe he is hiding a fortune, although his granddaughter Vivette must work on farms.

Vivette falls in love with a musician’s son. After Cornille refuses to discuss their marriage with the father, the young couple visit him. Finding him absent, they enter through a window. There is no grain or flour. His bags contain broken building materials and white earth. He carries them to protect his mill’s reputation.

The musician tells the neighbours. They bring their grain to Cornille, who is crying because his secret has been discovered. Their return restores his joy. He immediately starts work, and they keep supplying him. When he eventually dies, nobody replaces him and the last windmill stops forever.

Adapted for Lejrbål from the credited source.
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