Français / B2
Le Héron
Un jour, un héron allait le long d'une rivière, porté par ses longues pattes, avec son long bec au bout de son long cou. L'eau était aussi transparente que par les plus beaux jours. Des carpes et des brochets y nageaient et s'approchaient du bord.
Le héron aurait facilement pu profiter de cette abondance : il n'avait qu'à prendre les poissons. Toutefois, il jugea préférable d'attendre que son appétit soit un peu plus grand. Il suivait un régime régulier et mangeait à ses heures.
Quelques instants plus tard, l'appétit lui vint. S'approchant de l'eau, il aperçut des poissons qui remontaient du fond. Ces poissons ne lui plaisaient pas. Il avait espéré un repas meilleur et les regardait avec mépris.
« Moi, ces poissons ? s'exclama-t-il. Moi, un héron, me contenter d'un repas aussi pauvre ? Pour qui me prend-on ? »
Après avoir rejeté ces poissons, il en trouva de plus petits. Là encore, il refusa. Était-ce un dîner convenable pour un héron ? Il n'allait tout de même pas ouvrir le bec pour si peu.
Il l'ouvrit pourtant pour bien moins. Les choses évoluèrent de telle façon qu'il ne vit bientôt plus aucun poisson. La faim le pressa, et il fut heureux, très heureux même, de rencontrer un escargot.
Le conseil de la fable est de ne pas se montrer excessivement difficile. Ceux qui savent s'accommoder de ce qui se présente sont souvent les plus habiles. À vouloir trop gagner, on risque de perdre ce qu'on pouvait déjà obtenir. Ce conseil, précise le narrateur, s'adresse aux humains aussi bien qu'au héron.
English summary · includes the ending
A heron with long legs, a long neck and a long beak walks beside a clear river. Carp and pike swim close to the bank, where he could easily catch them. However, he follows a regular eating schedule and decides to wait until he has more appetite.
Soon he grows hungry and approaches the water. He sees other fish but considers them an unworthy meal for a bird like himself. After rejecting them, he finds smaller fish and refuses those too. He does not think such a small meal is worth opening his beak for.
Eventually, there are no fish left for him to catch. Now genuinely hungry, he is delighted to find a snail, which offers far less than the food he rejected.
The narrator warns against being too difficult to satisfy. By insisting on getting something better, people risk losing an opportunity that was already good enough.
Adapted for Lejrbål from the credited source.
Read the source