Français / B2
Le Coche et la Mouche
Sur un chemin en pente, sablonneux et difficile, six chevaux vigoureux tiraient un coche, une grande voiture à chevaux. Le soleil frappait la route de tous côtés. Les passagers étaient descendus, mais l'attelage soufflait, transpirait et n'en pouvait plus.
Une mouche survint et se mit à tourner autour des chevaux. Elle prétendait les encourager par son bourdonnement. Piquant l'un puis l'autre, elle s'imaginait à chaque instant que la voiture avançait grâce à elle.
Elle se posait sur la barre qui reliait l'attelage au coche, puis sur le nez du conducteur. Dès que le véhicule se mettait en mouvement et que les voyageurs marchaient, elle s'attribuait toute la réussite. Ses allées et venues la faisaient ressembler à un chef qui court partout pour faire avancer ses hommes et obtenir la victoire.
Dans cette difficulté commune, la mouche se plaignait d'agir seule et de porter toute la responsabilité. Selon elle, personne n'aidait les chevaux à s'en sortir. Un moine lisait ses prières ; une femme chantait. Quel moment avaient-ils choisi ! La mouche allait bourdonner à leurs oreilles et multipliait les interventions du même genre.
Au prix de grands efforts, le coche finit par atteindre le sommet. « Reprenons notre souffle, déclara aussitôt la mouche. J'ai tant fait que tout le monde est enfin arrivé sur le terrain plat. Maintenant, messieurs les chevaux, payez-moi pour ma peine ! »
La fable vise ceux qui, sous une apparence d'activité, s'introduisent dans les affaires d'autrui. Partout, ils se présentent comme des personnes indispensables ; partout, ils dérangent ceux qui travaillent réellement. Leur agitation leur semble une aide, alors qu'elle justifierait plutôt qu'on les éloigne.
English summary · includes the ending
Six strong horses are pulling a coach up a steep, sandy road in the sun. The passengers have got out, but the horses are still struggling. A fly arrives, buzzes around them and bites them, believing that she is encouraging their work.
She lands on the coach and the driver’s nose, flies back and forth and takes all the credit whenever the coach advances. She behaves as if she were directing the entire operation.
The fly complains that she alone is doing anything useful. A monk is praying and a woman is singing, which she considers completely inappropriate. She buzzes in their ears as well.
After considerable effort, the coach reaches the top. The fly announces that everyone can rest because she has brought them there. She even demands payment from the horses. The narrator compares her to people who interfere in others’ affairs, claim to be essential and only make themselves a nuisance.
Adapted for Lejrbål from the credited source.
Read the source